Par Yaroslava Krysina
Chère Dulcinée,
C'était le soir et j’étais seul. La vie n’était plus intéressante pour moi. J’étais désespéré. Mais, soudain, je vous ai vue… Vous flottiez comme un papillon transporté par le soleil du printemps. Votre voix était douce et belle comme le chant du rossignol. Vos yeux étaient brillants comme deux grandes émeraudes. Votre manière de marcher était pleine d’élégance et de grâce. Non ! Vous ne marchiez pas ! Vous voliez comme un bel oiseau exotique. Je suis tombé amoureux de vous. S’il-vous-plaît, ne riez pas… Ne torturez plus mon esprit ! Ma Dulcinée, je vous aime !
Métaphore filée : la nature
jeudi 6 mai 2010
mercredi 5 mai 2010
"Au cimetière"
Au Cimetière
Par Laura Forrest
Je suis ici, parmi les branches mortes et les pierres tombales aussi vieilles que cette ville. J’y suis toujours, pas mon corps, mais mon essence. Les arbres vivent grâce à mon corps, et ainsi je vis aussi, par procuration, à travers ces arbres tordus, chétifs, mais forts - forts à cause de ma volonté de vivre.
Personne aujourd’hui dans ce pays ne se souvient de moi, et ceux qui m'ont connue en Irlande essaient de m’oublier. Je ne sais pas si je devrais me fâcher contre eux, mais maintenant - au ciel - je ne m’en soucie plus. Tout ce que je raconte est sans parti pris, sans émotion : ce sont seulement les faits.
**
J’enfile ma robe de mariée le matin du 14 mars 1877. J’ai 16 ans et je suis incroyablement nerveuse. Mon mari est beau et il a de l’argent : « Col. The hon. Charles Alexander ». Il vient de Tyrone, alors je ne le connais guère. Il m’attend devant l’autel avec le prêtre, en compagnie de nos familles et de nos amis.
Moi aussi, je suis devant l’autel - devant Dieu. Je dis « oui » mais mon cœur n’est pas d’accord - il demeure auprès de mon voisin, le jardinier. Nous quittons l’église, main dans la main, pour les festivités; pour commencer notre vie.
**
Je suis chez le jardinier. Je suis dans ses bras forts. Ses lèvres s’approchent de plus en plus des miennes, et je ne détourne pas la tête.
**
Je suis au Canada, à Halifax. Charles m’a forcée à quitter l’Irlande avec ce bébé dans mon corps qui n’était pas de lui. Il y a cinq ans qu’il est mort, mon bébé - tué au travail par une pièce de bois qui est tombée sur sa tête. Il était jeune, et je suis vieille. Je vis avec l’argent que mon mari m’envoie, mais j’aimerais mieux un homme. Je serais plus heureuse dans les bras de quelqu’un et pauvre, que seule et à l’aise. Je vivrai ma vie jusqu’à la fin, comme ça : seule, pour avoir été avec le jardinier.
Par Laura Forrest
Je suis ici, parmi les branches mortes et les pierres tombales aussi vieilles que cette ville. J’y suis toujours, pas mon corps, mais mon essence. Les arbres vivent grâce à mon corps, et ainsi je vis aussi, par procuration, à travers ces arbres tordus, chétifs, mais forts - forts à cause de ma volonté de vivre.
Personne aujourd’hui dans ce pays ne se souvient de moi, et ceux qui m'ont connue en Irlande essaient de m’oublier. Je ne sais pas si je devrais me fâcher contre eux, mais maintenant - au ciel - je ne m’en soucie plus. Tout ce que je raconte est sans parti pris, sans émotion : ce sont seulement les faits.
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J’enfile ma robe de mariée le matin du 14 mars 1877. J’ai 16 ans et je suis incroyablement nerveuse. Mon mari est beau et il a de l’argent : « Col. The hon. Charles Alexander ». Il vient de Tyrone, alors je ne le connais guère. Il m’attend devant l’autel avec le prêtre, en compagnie de nos familles et de nos amis.
Moi aussi, je suis devant l’autel - devant Dieu. Je dis « oui » mais mon cœur n’est pas d’accord - il demeure auprès de mon voisin, le jardinier. Nous quittons l’église, main dans la main, pour les festivités; pour commencer notre vie.
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Je suis chez le jardinier. Je suis dans ses bras forts. Ses lèvres s’approchent de plus en plus des miennes, et je ne détourne pas la tête.
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Je suis au Canada, à Halifax. Charles m’a forcée à quitter l’Irlande avec ce bébé dans mon corps qui n’était pas de lui. Il y a cinq ans qu’il est mort, mon bébé - tué au travail par une pièce de bois qui est tombée sur sa tête. Il était jeune, et je suis vieille. Je vis avec l’argent que mon mari m’envoie, mais j’aimerais mieux un homme. Je serais plus heureuse dans les bras de quelqu’un et pauvre, que seule et à l’aise. Je vivrai ma vie jusqu’à la fin, comme ça : seule, pour avoir été avec le jardinier.
"L'étranger" d'Albert Camus
Critique de L’Étranger
Par Laura Forrest
L’ Étranger aborde tous les sujets dont on a peur de discuter. Camus, originaire d’Algérie, était un chef de file de l’existentialisme. Cette philosophie se révèle à travers Meursault, le personnage principal. Il n’exprime aucune émotion, même quand sa mère meurt. À la fin, il est puni pour ne pas avoir montré de sentiments.
J’ai lu ce roman il y a deux ans, mais je me souviens de chaque détail. Souvent on se trouve dans une situation absurde, mais on essaie de l’ignorer. Camus fait vivre Meursault dans un monde absurde, d’une façon impassible. À la fin, il est est mis à mort par un tribunal, et le lecteur sent que c’est parce qu’il a choisis d’être différent - de ne pas prendre la vie trop au sérieux.
Par Laura Forrest
L’ Étranger aborde tous les sujets dont on a peur de discuter. Camus, originaire d’Algérie, était un chef de file de l’existentialisme. Cette philosophie se révèle à travers Meursault, le personnage principal. Il n’exprime aucune émotion, même quand sa mère meurt. À la fin, il est puni pour ne pas avoir montré de sentiments.
J’ai lu ce roman il y a deux ans, mais je me souviens de chaque détail. Souvent on se trouve dans une situation absurde, mais on essaie de l’ignorer. Camus fait vivre Meursault dans un monde absurde, d’une façon impassible. À la fin, il est est mis à mort par un tribunal, et le lecteur sent que c’est parce qu’il a choisis d’être différent - de ne pas prendre la vie trop au sérieux.
Le fabuleux destin d'Amélie Poulin
Un film d’espoir
Par Laura Forrest
Notre vie se déroule en fonction de nos actions. Cette philosophie se retrouve dans le film de Jean-Pierre Jeunet, Le Fabuluex destin d’Amélie Poulain. Réalisé en France en 2001, cette comédie romantique laisse une forte empreinte sur le public. Ayant grandi dans une famille refermée sur elle-même, Amélie (Audrey Tautou) incarne particulièrement bien le rôle d’une jeune fille qui se sent seule, mais qui aime aider les autres à vaincre leur solitude. Elle s’attribue le rôle d’entremetteuse, mais pour elle-même, elle n’arrive à rien.
L’interprétation d’Amélie par Audrey Tautou est nettement plus impressionnante que celle à laquelle je m’attendais. Amélie est une femme étrange, et l’actrice la représente incroyablement bien - jusqu’aux sourires. Mais c’est l’intrigue qui tient le public en haleine.
Tomber amoureuse de l’homme qu’on voit chaque jour à genoux, en train de ramasser des photos de personnes qu’il ne connaît pas, c’est commun dans les films. Cette tendance à s’intéresser à quelqu’un qu’on ne connaît pas, est de loin la plus fréquente parmi les solitaires. Mais on sait tous que la chance de vivre un grand amour avec cette personne est plus faible que de gagner le gros lot.
Le film est rempli d’événements insolites mais beaux, et c’est peut-être ce fait qui le rend si agréable. Tout le monde adore se rappeler que, même s’il y a peu de chances que quelque chose arrive, c’est toujours possible. En somme, Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain donne de l’espoir au public.
A voir absolument en cas de déprime !
Par Laura Forrest
Notre vie se déroule en fonction de nos actions. Cette philosophie se retrouve dans le film de Jean-Pierre Jeunet, Le Fabuluex destin d’Amélie Poulain. Réalisé en France en 2001, cette comédie romantique laisse une forte empreinte sur le public. Ayant grandi dans une famille refermée sur elle-même, Amélie (Audrey Tautou) incarne particulièrement bien le rôle d’une jeune fille qui se sent seule, mais qui aime aider les autres à vaincre leur solitude. Elle s’attribue le rôle d’entremetteuse, mais pour elle-même, elle n’arrive à rien.
L’interprétation d’Amélie par Audrey Tautou est nettement plus impressionnante que celle à laquelle je m’attendais. Amélie est une femme étrange, et l’actrice la représente incroyablement bien - jusqu’aux sourires. Mais c’est l’intrigue qui tient le public en haleine.
Tomber amoureuse de l’homme qu’on voit chaque jour à genoux, en train de ramasser des photos de personnes qu’il ne connaît pas, c’est commun dans les films. Cette tendance à s’intéresser à quelqu’un qu’on ne connaît pas, est de loin la plus fréquente parmi les solitaires. Mais on sait tous que la chance de vivre un grand amour avec cette personne est plus faible que de gagner le gros lot.
Le film est rempli d’événements insolites mais beaux, et c’est peut-être ce fait qui le rend si agréable. Tout le monde adore se rappeler que, même s’il y a peu de chances que quelque chose arrive, c’est toujours possible. En somme, Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain donne de l’espoir au public.
A voir absolument en cas de déprime !
mercredi 17 mars 2010
La fuite - par Katie Conrad
Si j’avais les ailes d’un ange,
je partirais pour l’Europe,
puis pour l’Afrique, puis pour l’Asie.
Je survolerais la planète,
je verrais toutes les merveilles du monde.
Je visiterais chaque pays
pour observer tout ce que je peux.
Je me perdrais
dans un coin éloigné et oublié.
Et quand je n’arriverais plus à me retrouver
je me tournerais vers le soleil,
en suivant l’exemple d’Icare.
Si j’avais les ouïes d’un poisson,
je nagerais dans l’océan.
J’explorerais les épaves
au fond de la mer,
et je redécouvrirais les secrets
de l’Atlantide, le continent perdu.
Je jouerais avec les méduses,
je danserais avec les dauphins¸
et je chanterais avec les sirènes.
Et quand je ne saurais plus nager
je m’engouffrerais dans la bouche d’une baleine
pour rejoindre Jonas.
Si j’avais la vitesse d’un guépard,
je courrais à l’autre bout du monde.
Je ne verrais plus le paysage.
Je perdrais mes repères.
Je disparaîtrais.
J’irais même trop vite
pour ma pensée.
Je gagnerais des courses
contre le son et la lumière.
J’irais tellement vite
que je prendrais soudainement feu.
Si j’avais les roues d’une voiture
je partirais d’ici.
Je ferais un voyage pour traverser
ce grand pays, d’une mer à l’autre.
J’arpenterais les routes
de chaque grande ville,
pour découvrir la nuit
et ses lumières qui ne s’éteignent jamais
Quand il ne resterait plus de caoutchouc
sur mes roues, j’appelerais un taxi
pour me transporter plus loin encore.
Mais si tu me disais que tu m’aimes encore,
je ne partirais jamais.
je partirais pour l’Europe,
puis pour l’Afrique, puis pour l’Asie.
Je survolerais la planète,
je verrais toutes les merveilles du monde.
Je visiterais chaque pays
pour observer tout ce que je peux.
Je me perdrais
dans un coin éloigné et oublié.
Et quand je n’arriverais plus à me retrouver
je me tournerais vers le soleil,
en suivant l’exemple d’Icare.
Si j’avais les ouïes d’un poisson,
je nagerais dans l’océan.
J’explorerais les épaves
au fond de la mer,
et je redécouvrirais les secrets
de l’Atlantide, le continent perdu.
Je jouerais avec les méduses,
je danserais avec les dauphins¸
et je chanterais avec les sirènes.
Et quand je ne saurais plus nager
je m’engouffrerais dans la bouche d’une baleine
pour rejoindre Jonas.
Si j’avais la vitesse d’un guépard,
je courrais à l’autre bout du monde.
Je ne verrais plus le paysage.
Je perdrais mes repères.
Je disparaîtrais.
J’irais même trop vite
pour ma pensée.
Je gagnerais des courses
contre le son et la lumière.
J’irais tellement vite
que je prendrais soudainement feu.
Si j’avais les roues d’une voiture
je partirais d’ici.
Je ferais un voyage pour traverser
ce grand pays, d’une mer à l’autre.
J’arpenterais les routes
de chaque grande ville,
pour découvrir la nuit
et ses lumières qui ne s’éteignent jamais
Quand il ne resterait plus de caoutchouc
sur mes roues, j’appelerais un taxi
pour me transporter plus loin encore.
Mais si tu me disais que tu m’aimes encore,
je ne partirais jamais.
dimanche 7 février 2010
La malade imaginaire, par Brandon Gillis
"Cette rédaction a été inspirée par Molière", nous dit Brandon lui-même...
Ce que je suis sur le point de raconter est tiré d'une histoire vraie ; il s’agit de l’ancienne petite amie d’un de mes très bons amis. On l’a soupçonnée d’être hypocondriaque à cause de sa tendance constante à se plaindre presque à chaque jour d’une nouvelle douleur, maladie ou crise qu’elle croyait être mortelle.
Un matin, elle s’est levée et a commencé à se plaindre d’avoir perdu toute sensation dans le pied gauche. La même chose était apparemment arrivée à son arrière grand-père quand il était très petit. Il ne s’est jamais rétabli et malheureusement et il est décédé de la maladie mortelle appelée « piedperdite. » En réalité, bien sûr, elle avait le pied engourdi. Toutefois, elle « s'est sentie mieux » après avoir appliqué de la glace sur son pied. Une autre fois, elle s’est fait piquer par un moustique dans le parc et a commencé immédiatement à avoir le vertige, mal au cœur, et de l’amnésie; elle ne pouvait pas nommer les capitales provinciales. Elle pensait avoir attrapé le SIDA ! Elle paniquait ! «Emmène-moi à l’hôpital !» criait-t-elle à mon ami. Mais bien sûr elle a encore réagi de façon excessive. Elle «s'est sentie mieux» après avoir nourri les canards du lac … et de toute manière elle n’ jamais pu nommer les capitales.
Mon ami, mon très bon et très patient ami patient a dû prendre une décision bien difficile. Après avoir assez souffert de « l’ hypocondrie » de sa petite amie, il a décidé de rompre avec elle. Vous pouvez imaginer sa réaction... Juste après la rupture, elle a appelé les policiers pour signaler que son petit ami lui avait brisé le cœur !
Ce que je suis sur le point de raconter est tiré d'une histoire vraie ; il s’agit de l’ancienne petite amie d’un de mes très bons amis. On l’a soupçonnée d’être hypocondriaque à cause de sa tendance constante à se plaindre presque à chaque jour d’une nouvelle douleur, maladie ou crise qu’elle croyait être mortelle.
Un matin, elle s’est levée et a commencé à se plaindre d’avoir perdu toute sensation dans le pied gauche. La même chose était apparemment arrivée à son arrière grand-père quand il était très petit. Il ne s’est jamais rétabli et malheureusement et il est décédé de la maladie mortelle appelée « piedperdite. » En réalité, bien sûr, elle avait le pied engourdi. Toutefois, elle « s'est sentie mieux » après avoir appliqué de la glace sur son pied. Une autre fois, elle s’est fait piquer par un moustique dans le parc et a commencé immédiatement à avoir le vertige, mal au cœur, et de l’amnésie; elle ne pouvait pas nommer les capitales provinciales. Elle pensait avoir attrapé le SIDA ! Elle paniquait ! «Emmène-moi à l’hôpital !» criait-t-elle à mon ami. Mais bien sûr elle a encore réagi de façon excessive. Elle «s'est sentie mieux» après avoir nourri les canards du lac … et de toute manière elle n’ jamais pu nommer les capitales.
Mon ami, mon très bon et très patient ami patient a dû prendre une décision bien difficile. Après avoir assez souffert de « l’ hypocondrie » de sa petite amie, il a décidé de rompre avec elle. Vous pouvez imaginer sa réaction... Juste après la rupture, elle a appelé les policiers pour signaler que son petit ami lui avait brisé le cœur !
"Mon Camps de vacances au Québec", par Natalie Milligan
Voici un autre texte issu du cours de français québécois. Natalie raconte à son amie Sophie ses aventures au Québec dans une langue, ma foi, assez typique de la belle région de Lanaudière. C'est un registre populaire, bien entendu ;-)
Ma Chère Sophie,
T’es au courant que je me suis pogné une job (j'ai obtenu un emploi) dans un camp de vacances au Québec pour cet été? Ben, je suis déjà rendue là, pis il faut dire que les gens sont ben fins icitte (très gentils ici) dans les Laurentides! D’abord, le voyage en train pour me rendre de la Nouvelle Écosse à Montréal a été vraiment long et j’avais de la misère à dormir sur mon siège. C’est sûr que j’avais l’air d’avoir passé la nuit sur la corde à linge (pas dormi de la nuit) mais je suis arrivée sans gros problèmes, et une des religieuses qui travaillent au camp était là, à la gare, pour me donner un lift (pour venir me chercher). Je me trouve en fait à St-Donat, au nord de Montréal (près du Mont-Tremblant), faque (c'est pourquoi) je suis ben loin de la ville, mais les montagnes et la nature dans la campagne sont tellement belles. Malheureusement, il y a plein de maringouins (méchant petit insecte piqueur qui s'abreuve du sang des citadins et provoque des démangeaisons quasi insuportables) et d’autres bebittes (insectes) icitte (ici), il mouille (il pleut) beaucoup cet été pis (et puis) il fait parfois frette (froid) le soir mais le camp est quand même trippant! (très amusant)
Les journées ne sont jamais plattes (ennuyantes) parce que, comme monitrices, on a beaucoup à faire et on n’as pas le temps de se pogner le cul (de rester à rien faire). On dort toujours comme des bûches (dormir d'un sommeil très profond) le soir, et chaque matin, ma co-monitrice garoche (lance) le cadran (le réveil matin)d’un coté de la chambre à l’autre en disant « Câline de bine, que c’est de bonne heure! » (câline est juron innocent, euphémisme si l'on veut d'un juron plus grave issu de la religion catholique, associé à un met traditionnel québécois, les "binnes", c'est-à-dire les fèves au lard. L'ensemble forme un tout destiné à marquer l'intensité de l'expression. Il est vraiment très très très tôt le matin...) On a toujours ben trop d’affaires (de choses) à faire! Je travaille avec des campeuses de 13 à 16 ans, ce qui veut dire qu'elles sont moins niaiseuses (plus dégourdies disons) que des petits garçons et sont assez indépendantes. Par contre elles chialent (se plaignent) beaucoup et se bitchent (médisent les unes contre les autres) entre elles, mais c’est ça travailler avec les ados, (adolescents) il faut le supporter autant que possible. Heureusement ma boss (ma patronne), c’est-à-dire ma responsable de chalet, une jeune postulante nommée Rosa, est super fine (super gentille) et très relaxe. J’avoue que parfois quand les filles se disputent entre elles et se mettent à brailler (pleurer) sans raison j’ai l’envie de peter ma coche (me mettre en colère) et les pitcher (les lancer) toutes dans le lac, mais, à chaque fois que je me suis tannée (me suis énervée), Rosa, toujours patiente, me disait « Ma grande, lâche pas la patate (courage, ne laisse pas tomber) pis pogne pas les nerfs (ne t'énerve pas), tout va bien aller! » Elle ne m’a jamais laissé abandonner mon boulot et m’a toujours remonté le moral quand j’étais désespérée!
Le meilleur bout (ma meilleure expérience) à date (jusqu'à maintenant) c’est quand une de mes amies, Mimi, qui est une autre monitrice, m’a invitée chez-elle à St-Sulpice (joli et très ancien village du Québec situé sur le bord du fleuve St-Laurent, reconnu entre autres pour son vignoble) pour une fin de semaine (un week-end !) de congé inoubliable. Dès qu’on a été libre le vendredi soir, on a embarqué dans son char (on est monté dans sa voiture). D’abord, on s'est arrêtées au dépanneur (un "convenience store") à St-Donat – le village est grand comme ma main (minuscule), mais il y a quand même quelques magasins où on peut s’acheter des affaires (des choses, des trucs). On a acheté une crème glacée à quelques piastres (dollars), puis on a mis du gaz (de l'essence) dans le char avant de partir vers St. Sulpice. Mimi chauffait comme une malade (conduisait comme une folle, très vite) sur des petits chemins de campagne et j’ai chié des briques (j'ai eu très peur) en croyant qu’on allait fesser (frapper) un autre char…ou un arbre! Mimi m’a regardé un peu croche (l'air moqueur) quand elle a vu comment j’étais aggripée à ma sacoche (cramponnée à mon sac à main) en demandant « t’es-tu correcte? » (est-ce que ça va ?) pendant que sa soeur, qui travaille aussi au camp, était crampée ben raide (morte de rire) en arrière en disant « tabarouette! (autre juron atténué, un mélange de tabarnak et de brouette) check ben ca (regarde) comment elle a peur! ». Après qu’on soit arrivées chez-elles, j’ai eu tellement de fun (de plaisir), j’ai trippé (je me suis amusée) toute la fin de semaine avec leur famille pis on s’est bien reposées. C’était poche (dommage) quand le dimanche est arrivé parce qu’il a fallu retourner au camp, malgré le fait que j’aime tellement mon travail!
Bref, je capote icitte (je m'amuse follement ici), même si je m’ennuie de toi pis mes amies à Halifax! C’est vrai que je la trouve fatigante parfois, mais j’aime ma job (mon travail) pareil (quand même). En plus les gens avec qui je travaille sont super fins, je crois que si c’était possible, je resterais icitte dans les bois du Québec pour toujours! À bientôt ma cocotte (ma chérie), je t’aime fort!!
Natalie
Ma Chère Sophie,
T’es au courant que je me suis pogné une job (j'ai obtenu un emploi) dans un camp de vacances au Québec pour cet été? Ben, je suis déjà rendue là, pis il faut dire que les gens sont ben fins icitte (très gentils ici) dans les Laurentides! D’abord, le voyage en train pour me rendre de la Nouvelle Écosse à Montréal a été vraiment long et j’avais de la misère à dormir sur mon siège. C’est sûr que j’avais l’air d’avoir passé la nuit sur la corde à linge (pas dormi de la nuit) mais je suis arrivée sans gros problèmes, et une des religieuses qui travaillent au camp était là, à la gare, pour me donner un lift (pour venir me chercher). Je me trouve en fait à St-Donat, au nord de Montréal (près du Mont-Tremblant), faque (c'est pourquoi) je suis ben loin de la ville, mais les montagnes et la nature dans la campagne sont tellement belles. Malheureusement, il y a plein de maringouins (méchant petit insecte piqueur qui s'abreuve du sang des citadins et provoque des démangeaisons quasi insuportables) et d’autres bebittes (insectes) icitte (ici), il mouille (il pleut) beaucoup cet été pis (et puis) il fait parfois frette (froid) le soir mais le camp est quand même trippant! (très amusant)
Les journées ne sont jamais plattes (ennuyantes) parce que, comme monitrices, on a beaucoup à faire et on n’as pas le temps de se pogner le cul (de rester à rien faire). On dort toujours comme des bûches (dormir d'un sommeil très profond) le soir, et chaque matin, ma co-monitrice garoche (lance) le cadran (le réveil matin)d’un coté de la chambre à l’autre en disant « Câline de bine, que c’est de bonne heure! » (câline est juron innocent, euphémisme si l'on veut d'un juron plus grave issu de la religion catholique, associé à un met traditionnel québécois, les "binnes", c'est-à-dire les fèves au lard. L'ensemble forme un tout destiné à marquer l'intensité de l'expression. Il est vraiment très très très tôt le matin...) On a toujours ben trop d’affaires (de choses) à faire! Je travaille avec des campeuses de 13 à 16 ans, ce qui veut dire qu'elles sont moins niaiseuses (plus dégourdies disons) que des petits garçons et sont assez indépendantes. Par contre elles chialent (se plaignent) beaucoup et se bitchent (médisent les unes contre les autres) entre elles, mais c’est ça travailler avec les ados, (adolescents) il faut le supporter autant que possible. Heureusement ma boss (ma patronne), c’est-à-dire ma responsable de chalet, une jeune postulante nommée Rosa, est super fine (super gentille) et très relaxe. J’avoue que parfois quand les filles se disputent entre elles et se mettent à brailler (pleurer) sans raison j’ai l’envie de peter ma coche (me mettre en colère) et les pitcher (les lancer) toutes dans le lac, mais, à chaque fois que je me suis tannée (me suis énervée), Rosa, toujours patiente, me disait « Ma grande, lâche pas la patate (courage, ne laisse pas tomber) pis pogne pas les nerfs (ne t'énerve pas), tout va bien aller! » Elle ne m’a jamais laissé abandonner mon boulot et m’a toujours remonté le moral quand j’étais désespérée!
Le meilleur bout (ma meilleure expérience) à date (jusqu'à maintenant) c’est quand une de mes amies, Mimi, qui est une autre monitrice, m’a invitée chez-elle à St-Sulpice (joli et très ancien village du Québec situé sur le bord du fleuve St-Laurent, reconnu entre autres pour son vignoble) pour une fin de semaine (un week-end !) de congé inoubliable. Dès qu’on a été libre le vendredi soir, on a embarqué dans son char (on est monté dans sa voiture). D’abord, on s'est arrêtées au dépanneur (un "convenience store") à St-Donat – le village est grand comme ma main (minuscule), mais il y a quand même quelques magasins où on peut s’acheter des affaires (des choses, des trucs). On a acheté une crème glacée à quelques piastres (dollars), puis on a mis du gaz (de l'essence) dans le char avant de partir vers St. Sulpice. Mimi chauffait comme une malade (conduisait comme une folle, très vite) sur des petits chemins de campagne et j’ai chié des briques (j'ai eu très peur) en croyant qu’on allait fesser (frapper) un autre char…ou un arbre! Mimi m’a regardé un peu croche (l'air moqueur) quand elle a vu comment j’étais aggripée à ma sacoche (cramponnée à mon sac à main) en demandant « t’es-tu correcte? » (est-ce que ça va ?) pendant que sa soeur, qui travaille aussi au camp, était crampée ben raide (morte de rire) en arrière en disant « tabarouette! (autre juron atténué, un mélange de tabarnak et de brouette) check ben ca (regarde) comment elle a peur! ». Après qu’on soit arrivées chez-elles, j’ai eu tellement de fun (de plaisir), j’ai trippé (je me suis amusée) toute la fin de semaine avec leur famille pis on s’est bien reposées. C’était poche (dommage) quand le dimanche est arrivé parce qu’il a fallu retourner au camp, malgré le fait que j’aime tellement mon travail!
Bref, je capote icitte (je m'amuse follement ici), même si je m’ennuie de toi pis mes amies à Halifax! C’est vrai que je la trouve fatigante parfois, mais j’aime ma job (mon travail) pareil (quand même). En plus les gens avec qui je travaille sont super fins, je crois que si c’était possible, je resterais icitte dans les bois du Québec pour toujours! À bientôt ma cocotte (ma chérie), je t’aime fort!!
Natalie
L'erreur, par Laura Forrest
Laura nous propose ici un texte pour le moins curieux... étrange, en effet, que ce phénomène que l'on nomme les lapsus...
Quand on rencontre de nouvelles personnes, on essaie toujours de faire bonne impression. Alors, on s’habille bien, on se douche régulièrement, on se brosse les dents plus souvent que d’habitude et on se sent l’obligation d’aller jusqu’au but pour quelqu’un qu’on ne connaît guère. On fait tout cela sans trop y penser, mais il y a une partie qui est plus difficile à contrôler : la bouche.
C’est environ à la troisième rencontre avec quelqu'un qu’on se sent à l’aise avec lui. C’est là où commencent les erreurs. On oublie de se brosser les cheveux pour la troisième fois, on laisse la porte se refermer derrière soi sans regarder, et avec la bouche, on fait des bévues sans le vouloir.
Au commencement, la personne insultée ne dit rien. Tout le monde a le droit à l’erreur, n’est-ce pas? Cependant, si l’on continue à dire des bêtises, la situation devient tendue. Ce qu’il faut faire dans le cas où on remarque que l’autre personne a changé d’humeur, juste après qu’on a dit quelque chose, c’est d’en prendre conscience pour ne pas le refaire. Mais, bien sûr, la bouche essaie de corriger son erreur!
Toutes sortes de mots coulent à flots de la bouche. C’est la raison pour laquelle cette bouche est toujours en train de dire « Je m’excuse » à la personne; mais cela cause encore plus de malentendus.
Après avoir écouté ces mots pendant ce qui ressemble à des heures, la personne décide que ces fautes verbales sont monumentales. Par conséquent, elle nous quitte en colère. Le cerveau dit « Mais qu’est-ce que j’ai fait? » pendant que la bouche hurle « Mais tu te trompes! Je suis gentil- vraiment! »
Quand on rencontre de nouvelles personnes, on essaie toujours de faire bonne impression. Alors, on s’habille bien, on se douche régulièrement, on se brosse les dents plus souvent que d’habitude et on se sent l’obligation d’aller jusqu’au but pour quelqu’un qu’on ne connaît guère. On fait tout cela sans trop y penser, mais il y a une partie qui est plus difficile à contrôler : la bouche.
C’est environ à la troisième rencontre avec quelqu'un qu’on se sent à l’aise avec lui. C’est là où commencent les erreurs. On oublie de se brosser les cheveux pour la troisième fois, on laisse la porte se refermer derrière soi sans regarder, et avec la bouche, on fait des bévues sans le vouloir.
Au commencement, la personne insultée ne dit rien. Tout le monde a le droit à l’erreur, n’est-ce pas? Cependant, si l’on continue à dire des bêtises, la situation devient tendue. Ce qu’il faut faire dans le cas où on remarque que l’autre personne a changé d’humeur, juste après qu’on a dit quelque chose, c’est d’en prendre conscience pour ne pas le refaire. Mais, bien sûr, la bouche essaie de corriger son erreur!
Toutes sortes de mots coulent à flots de la bouche. C’est la raison pour laquelle cette bouche est toujours en train de dire « Je m’excuse » à la personne; mais cela cause encore plus de malentendus.
Après avoir écouté ces mots pendant ce qui ressemble à des heures, la personne décide que ces fautes verbales sont monumentales. Par conséquent, elle nous quitte en colère. Le cerveau dit « Mais qu’est-ce que j’ai fait? » pendant que la bouche hurle « Mais tu te trompes! Je suis gentil- vraiment! »
dimanche 31 janvier 2010
"Mon nouveau poste", par Kim Havens
Ici, Kim nous propose un texte... un peu particulier. Il s'agissait de rédiger un texte contenant des mots-valises (en italiques - concept utilisé ici de manière assez libre), ce qui donne parfois naissance à des créatures pour le moins étranges...
Mon nouveau poste
J’ai obtenu un nouveau poste chez un homme un peu excentrique. Malgré tout, je suis heureuse comme un poisson dans l’eau. Il prend toutes mes idées au sérieux et nous les utilisons dans ses projets. Ce poste me permet d’exprimer ma créativité.
Oh ! comme j’étais enchantée de voir la naissance de mon petit lionge! (lion + singe) Il est si mignon, avec sa crinière luisante et sa longue queue qui l’aide grimper aux arbres.
Mon patron, comme je viens de le dire, est un peu excentrique, mais c’est un génie. C’est avec un bonheur sans nom que je l’ai vu créer le premier serpeaux (serpent + oiseaux) du monde. Je ne croyais pas que c'était possible de le faire. Et pourtant, j'avais devant moi un corps très long et très mince qui volait avec trois paires d’ailes d’oiseaux, c’était parfait!
Ma dernière création, mon chèvrodile (chèvre + crocodile), a nécessité plus de travail. Avec sa mâchoire si grande et remplie de dents et sa tête un peu lourde. Peut-être qu’avec un corps ou des pattes plus longues et fortes, on réussira. Actuellement le chèvrodile ne peut pas marcher…ses pattes arrières ne touchent pas le sol. Mais comme c’est par tâtonnements qu’on apprend, alors au travail!
Mon nouveau poste
J’ai obtenu un nouveau poste chez un homme un peu excentrique. Malgré tout, je suis heureuse comme un poisson dans l’eau. Il prend toutes mes idées au sérieux et nous les utilisons dans ses projets. Ce poste me permet d’exprimer ma créativité.
Oh ! comme j’étais enchantée de voir la naissance de mon petit lionge! (lion + singe) Il est si mignon, avec sa crinière luisante et sa longue queue qui l’aide grimper aux arbres.
Mon patron, comme je viens de le dire, est un peu excentrique, mais c’est un génie. C’est avec un bonheur sans nom que je l’ai vu créer le premier serpeaux (serpent + oiseaux) du monde. Je ne croyais pas que c'était possible de le faire. Et pourtant, j'avais devant moi un corps très long et très mince qui volait avec trois paires d’ailes d’oiseaux, c’était parfait!
Ma dernière création, mon chèvrodile (chèvre + crocodile), a nécessité plus de travail. Avec sa mâchoire si grande et remplie de dents et sa tête un peu lourde. Peut-être qu’avec un corps ou des pattes plus longues et fortes, on réussira. Actuellement le chèvrodile ne peut pas marcher…ses pattes arrières ne touchent pas le sol. Mais comme c’est par tâtonnements qu’on apprend, alors au travail!
Libellés :
Expression écrite (3045) - les mots-valises
"La danse finale", par Katie Conrad
Ici, vous devinerez aisément de quel champ lexical il s'agit. Katie nous offre un texte très dense, et surtout très dramatique... A vous d'en juger ! La Frazette
La danse finale
La bataille. C’est la fin. Les ennemis sont trop nombreux. Nous ne pouvons pas gagner.
Nous mourrons. Nous mourons déjà. Je vois la mort tout autour de moi. Mes camarades meurent. Mes amis sont morts.
Puis je le vois : l’impensable. Notre chef est tué par l’ennemi. Il est mort. Notre héros est mort, et l’espoir avec lui.
Maintenant la fin est vraiment arrivée. Sans héros, la victoire est impossible. Nous pouvons seulement essayer de venger sa mort.
Un grand hurlement s’élève de la gorge de mes compatriotes. Pendant un moment, nous retrouvons un peu nos esprits et le courage nous revient. Nous sommes prêts pour une dernière charge.
Ce n’est pas une attaque. Notre bataille s'est transformée en une danse funèbre. Ce sont les seules funérailles que notre héros aura.
Notre adversaire n'est pas l’ennemi, mais la mort. C’est notre dans finale...
La danse finale
La bataille. C’est la fin. Les ennemis sont trop nombreux. Nous ne pouvons pas gagner.
Nous mourrons. Nous mourons déjà. Je vois la mort tout autour de moi. Mes camarades meurent. Mes amis sont morts.
Puis je le vois : l’impensable. Notre chef est tué par l’ennemi. Il est mort. Notre héros est mort, et l’espoir avec lui.
Maintenant la fin est vraiment arrivée. Sans héros, la victoire est impossible. Nous pouvons seulement essayer de venger sa mort.
Un grand hurlement s’élève de la gorge de mes compatriotes. Pendant un moment, nous retrouvons un peu nos esprits et le courage nous revient. Nous sommes prêts pour une dernière charge.
Ce n’est pas une attaque. Notre bataille s'est transformée en une danse funèbre. Ce sont les seules funérailles que notre héros aura.
Notre adversaire n'est pas l’ennemi, mais la mort. C’est notre dans finale...
Libellés :
Expressio écrite (3045) - le champ lexical
"Jour de souvenir" - par Natalie Milligan
Voici un très beau texte narratif, rédigé encore une fois avec la contrainte du champ lexical. A vous cette fois de découvrir de quel champ lexical il s'agit ;-) La Frazette
De l’intérieur de la voiture, la plage paraît tranquille, mais dès que je débarque le vent froid et violent assaille mon visage avec hostilité. Les nuages traversent le ciel à une vitesse impressionnante comme des soldats qui s’avancent sur un champ de bataille. Le temps est marqué par le bombardement continuel des vagues sur la plage. À chaque coup, l’eau enlève quelques grains de sable, les victimes de ce conflit perpétuel entre la terre et la mer. Je lutte contre le vent pour marcher, et je sais que je ne suis pas la première à me battre sur cette plage française. Auparavant des jeunes hommes se sont aussi battus pour franchir ce terrain, le poste de mitrailleuse délabré en haut de la plage reste le seul témoin du combat féroce qui a eu lieu; une sentinelle solitaire des gagnants et des perdants, de la victoire et de la perte.
La voix de mon guide pénètre mes pensés et j’écoute son discours à propos des ennemis, des alliés et des étapes de l’invasion, mais je vois seulement les visages de ces “guerriers”, les jeunes Canadiens de mon âge, loin de chez-eux, de leur familles, de la vie quotidienne. Ils se trouvent dans un monde incompréhensible où leur seul but est de continuer, de surmonter les obstacles devant eux, de survivre. Les histoires des survivants m’inspirent, mais il reste d’autres histoires à raconter, dont il faut se souvenir, des histoires de sacrifices ultimes. Les combattants qui n’ont jamais réussi à remonter la plage, qui n’ont jamais revu leur famille, leur amour ou même la fin du jour. Une seule larme coule sur ma joue quand je pense à tout ceci. Leurs vies étaient trop courtes, mais leurs histories doivent rester dans nos mémoires car ils sont morts sur cette plage en Normandie, à coté de leurs camarades, pour assurer notre liberté.
De l’intérieur de la voiture, la plage paraît tranquille, mais dès que je débarque le vent froid et violent assaille mon visage avec hostilité. Les nuages traversent le ciel à une vitesse impressionnante comme des soldats qui s’avancent sur un champ de bataille. Le temps est marqué par le bombardement continuel des vagues sur la plage. À chaque coup, l’eau enlève quelques grains de sable, les victimes de ce conflit perpétuel entre la terre et la mer. Je lutte contre le vent pour marcher, et je sais que je ne suis pas la première à me battre sur cette plage française. Auparavant des jeunes hommes se sont aussi battus pour franchir ce terrain, le poste de mitrailleuse délabré en haut de la plage reste le seul témoin du combat féroce qui a eu lieu; une sentinelle solitaire des gagnants et des perdants, de la victoire et de la perte.
La voix de mon guide pénètre mes pensés et j’écoute son discours à propos des ennemis, des alliés et des étapes de l’invasion, mais je vois seulement les visages de ces “guerriers”, les jeunes Canadiens de mon âge, loin de chez-eux, de leur familles, de la vie quotidienne. Ils se trouvent dans un monde incompréhensible où leur seul but est de continuer, de surmonter les obstacles devant eux, de survivre. Les histoires des survivants m’inspirent, mais il reste d’autres histoires à raconter, dont il faut se souvenir, des histoires de sacrifices ultimes. Les combattants qui n’ont jamais réussi à remonter la plage, qui n’ont jamais revu leur famille, leur amour ou même la fin du jour. Une seule larme coule sur ma joue quand je pense à tout ceci. Leurs vies étaient trop courtes, mais leurs histories doivent rester dans nos mémoires car ils sont morts sur cette plage en Normandie, à coté de leurs camarades, pour assurer notre liberté.
"Les aurores Boréales", par Nicole Bonnell
Ici, il s'agit de l'un des nombreux textes rédigés par les étudiants dans le cadre du cours d'expression écrite (FREN 3045). Leur professeur (en l'occurrence, votre Frazette bien-aimée) s'amuse à leur imposer toute une série de contraintes afin de les aider à parfaire leurs compétences en français et, plus généralement, en rédaction. Ce court texte narratif est mystérieux et très beau. Ici, Nicole a eu recours au champ lexical du froid (mots en italiques).
La Frazette
Je me suis levée tôt ce matin-là. Je me sentais mal à l’aise, mais la cause de mon incertitude m’échappait. Une atmosphère bleuâtre enveloppait ma chambre, contrastant de manière déconcertante par rapport aux ténèbres de la nuit précédente. En me levant, j’ai vu que la neige fondait lentement mais que la glace resterait encore pendant quelques semaines. J’avais envie de sortir de mon appartement pour explorer les rues abandonnées, mais les souvenirs des graves engelures subies récemment me forçaient à rester immobile. Soudainement, je suis tombée sur le plancher, incapable de me tenir debout. L’image des corps de mes deux frères a éclaté devant mes yeux, deux masses de chair congelées, incapables de respirer. Voilà, la source de mon incertitude. Toujours la source de mon malaise…
Comment me sortirai-je de cette dépression envahissante? Je suis seule au monde, incapable de faire face à ce qui me cause de la peine. Peut-être sortirai-je dehors ce soir voir les aurores boréales pour regarder de nouveau danser mes frères dans le ciel…
La Frazette
Je me suis levée tôt ce matin-là. Je me sentais mal à l’aise, mais la cause de mon incertitude m’échappait. Une atmosphère bleuâtre enveloppait ma chambre, contrastant de manière déconcertante par rapport aux ténèbres de la nuit précédente. En me levant, j’ai vu que la neige fondait lentement mais que la glace resterait encore pendant quelques semaines. J’avais envie de sortir de mon appartement pour explorer les rues abandonnées, mais les souvenirs des graves engelures subies récemment me forçaient à rester immobile. Soudainement, je suis tombée sur le plancher, incapable de me tenir debout. L’image des corps de mes deux frères a éclaté devant mes yeux, deux masses de chair congelées, incapables de respirer. Voilà, la source de mon incertitude. Toujours la source de mon malaise…
Comment me sortirai-je de cette dépression envahissante? Je suis seule au monde, incapable de faire face à ce qui me cause de la peine. Peut-être sortirai-je dehors ce soir voir les aurores boréales pour regarder de nouveau danser mes frères dans le ciel…
"Ma 'brunette' pis moé", par Brandon Gillis
Dans la rubrique "le français québecois", vous trouverez des textes un peu particuliers... En fait, il s'agissait pour les étudiants d'employer des expressions ou des tournures typiquement québecoises... En voici un premier aperçu. J'ai cru bon de vous offrir une "traduction" de certains mots ou expressions en français standard. Vous les retrouverez entre parenthèses. Bonne lecture ! La Frazette.
Le 5 novembre, 2009
Ma « brunette » pis moé – ou le party à Montréal
Ce week-end je suis allé rendre visite à un de mes très bons amis à Montréal. Thérie reste (demeure) dans un grand appartement au centre ville avec sa blonde (petite amie). Moi, je n’ai pas de blonde, faque ("ce qui fait que ou "c'est pourquoi") j’ai amené ma « brunette ». D’habitude, Thérie pis moé (et moi) nous parlons en anglais mais pour ce voyage, je visais à travailler mon français. Cependant, ce que j’ai découvert, c’est que ce français québécois, ce joual (français parlé au Québec), n’était pas exactement le français que j’avais appris à l'université. Je m’explique...
On est arrivé un peu en retard à l'aéroport Montréal-Trudeau. Thérie et sa petite amie nous y ont rencontrés. Le vol avait été long. J’avais dormi un peu dans l’avion mais je crevais de soif. Heureusement, la blonde de Thérie m’a informé qu’il y avait de l’eau dans leur voiture. Enfin, elle n’a pas dit exactement ça. Elle n’a pas dit « Y'a de l’eau dans la voiture » mais plutôt « Ben y'a de l’eau dain char ».
« Pardon?! »
« Ben y'a de l’eau dain char.»
« Quoi?! »
« Dain char! »
« Dans le char? »
« Ouais dain char ! »
« Pourquoi avez-vous un char? »
« Ben…tout le monde a un char! »
« Est-ce que le Québec est en guerre?! »
De toute façon, il n’y a pas de voitures au Québec ; il n’y a que des chars. Faque on a pris le char jusqu’à leur appartement au centre-ville. Quand on est arrivé, ma « brunette » pis moé on a rencontré l’autre ami de Thérie, Marcel, qui venait juste de finir d’organiser une fête.
« Hé t’es au courant du party à soir ? »
« Euh …vous faites une … fête? »
« Ouaaais un party, t’as-tsu (as-tu) le goût (envie) de venir? »
« Eum …ouais j’ai le « goût »…ouais. Ça va être … délicieux …? »
«Ouaaais man (mon ami... ;-) on va avoir du fun! Va y avoir des osties de beaux pétards (de très jolies filles), on va prendre une brosse (on va prendre une cuite, boire beaucoup d'alcool), … »
« Vous allez prendre une brosse ? »
« Ouaaais faut prendre une brosse ! »
« Et si on se coiffait avant d’y aller ? Esse ke ça marche (est-ce que ça fait l'affaire quand même) aussi? »
« Non non ! Espèce de nono ! (espèce d'idiot) Prendre une brosse ça veut dire être paqueté ! » (être ivre)
« Ah ouais … maintenant je vois … »
Il y avait un peu de confusion, mais j’ai appris un tas de choses pareil (quand même). C’est de valeur (c'est dommage) qu’on n'ait pas pu rester plus longtemps. Le party était le fun sauf que j’avais de la misère (j'avais du mal) à comprendre tout ce que le monde (les gens) disait. De plus, il y avait un autre gars là qui était paqueté et qui avait un kick (qui trouvait ma petite amie bien jolie) sur ma « blonde » ; il a continué à flasher (à la regarder... disons avec insistance) sur elle. Mais il ne disait pas « Voulez-vous coucher avec moi ?» Il disait « tu veux-tsu coucher avec moé ?» Pas besoin de dire que j’avais le feu au cul... (j'étais en colère)
Le 5 novembre, 2009
Ma « brunette » pis moé – ou le party à Montréal
Ce week-end je suis allé rendre visite à un de mes très bons amis à Montréal. Thérie reste (demeure) dans un grand appartement au centre ville avec sa blonde (petite amie). Moi, je n’ai pas de blonde, faque ("ce qui fait que ou "c'est pourquoi") j’ai amené ma « brunette ». D’habitude, Thérie pis moé (et moi) nous parlons en anglais mais pour ce voyage, je visais à travailler mon français. Cependant, ce que j’ai découvert, c’est que ce français québécois, ce joual (français parlé au Québec), n’était pas exactement le français que j’avais appris à l'université. Je m’explique...
On est arrivé un peu en retard à l'aéroport Montréal-Trudeau. Thérie et sa petite amie nous y ont rencontrés. Le vol avait été long. J’avais dormi un peu dans l’avion mais je crevais de soif. Heureusement, la blonde de Thérie m’a informé qu’il y avait de l’eau dans leur voiture. Enfin, elle n’a pas dit exactement ça. Elle n’a pas dit « Y'a de l’eau dans la voiture » mais plutôt « Ben y'a de l’eau dain char ».
« Pardon?! »
« Ben y'a de l’eau dain char.»
« Quoi?! »
« Dain char! »
« Dans le char? »
« Ouais dain char ! »
« Pourquoi avez-vous un char? »
« Ben…tout le monde a un char! »
« Est-ce que le Québec est en guerre?! »
De toute façon, il n’y a pas de voitures au Québec ; il n’y a que des chars. Faque on a pris le char jusqu’à leur appartement au centre-ville. Quand on est arrivé, ma « brunette » pis moé on a rencontré l’autre ami de Thérie, Marcel, qui venait juste de finir d’organiser une fête.
« Hé t’es au courant du party à soir ? »
« Euh …vous faites une … fête? »
« Ouaaais un party, t’as-tsu (as-tu) le goût (envie) de venir? »
« Eum …ouais j’ai le « goût »…ouais. Ça va être … délicieux …? »
«Ouaaais man (mon ami... ;-) on va avoir du fun! Va y avoir des osties de beaux pétards (de très jolies filles), on va prendre une brosse (on va prendre une cuite, boire beaucoup d'alcool), … »
« Vous allez prendre une brosse ? »
« Ouaaais faut prendre une brosse ! »
« Et si on se coiffait avant d’y aller ? Esse ke ça marche (est-ce que ça fait l'affaire quand même) aussi? »
« Non non ! Espèce de nono ! (espèce d'idiot) Prendre une brosse ça veut dire être paqueté ! » (être ivre)
« Ah ouais … maintenant je vois … »
Il y avait un peu de confusion, mais j’ai appris un tas de choses pareil (quand même). C’est de valeur (c'est dommage) qu’on n'ait pas pu rester plus longtemps. Le party était le fun sauf que j’avais de la misère (j'avais du mal) à comprendre tout ce que le monde (les gens) disait. De plus, il y avait un autre gars là qui était paqueté et qui avait un kick (qui trouvait ma petite amie bien jolie) sur ma « blonde » ; il a continué à flasher (à la regarder... disons avec insistance) sur elle. Mais il ne disait pas « Voulez-vous coucher avec moi ?» Il disait « tu veux-tsu coucher avec moé ?» Pas besoin de dire que j’avais le feu au cul... (j'étais en colère)
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